Du moteur boxer à la transmission intégrale symétrique, en passant par trois titres mondiaux des rallyes, soixante-dix ans d'ingénierie japonaise.
Singulière dans le paysage automobile japonais, Subaru revendique une identité technique forgée autour de deux choix qui n'ont presque pas changé depuis sa création : le moteur boxer à plat et la transmission intégrale symétrique. Issue d'un héritage aéronautique, la marque a bâti une réputation faite de robustesse, de tenue de route et d'attachement à la compétition, en particulier en championnat du monde des rallyes.
Les racines remontent à 1917 et à la fondation de l'Aircraft Research Laboratory par Chikuhei Nakajima, qui devient ensuite la Nakajima Aircraft Company. L'entreprise produit des avions militaires durant la Seconde Guerre mondiale, dont le chasseur Ki-43 Hayabusa. Démantelée à la fin du conflit puis recomposée, elle se réincarne en Fuji Heavy Industries (FHI) en 1953 par fusion de cinq sociétés issues du démembrement Nakajima. C'est dans ce conglomérat industriel — toujours actif dans l'aérospatial et la défense — que naît la branche automobile, baptisée du nom de l'amas d'étoiles des Pléiades, prononcé Subaru en japonais et représenté par six étoiles dans le logo.
Le premier prototype de tourisme, la P-1 rebaptisée Subaru 1500, est dévoilé en 1954, mais ne dépasse pas les vingt exemplaires. La véritable percée arrive en 1958 avec la 360, une kei car de moins de 360 cm³ pesant 410 kg, surnommée « la coccinelle japonaise » et produite à plus de 390 000 exemplaires jusqu'en 1971. Ce modèle motorise la classe moyenne nipponne en plein décollage économique. Suivent la berline 1000 en 1965, première à inaugurer le moteur boxer maison, puis la Leone en 1971, qui généralise le moteur à plat sur l'ensemble de la gamme.
Deux choix d'ingénierie distinguent durablement le constructeur. Le moteur boxer, à pistons opposés horizontalement, abaisse le centre de gravité et lisse les vibrations, tout en autorisant un porte-à-faux avant compact. À partir de 1972, la Leone Station Wagon est proposée en transmission intégrale, devenant l'une des premières voitures de tourisme au monde commercialisée avec quatre roues motrices permanentes. Cette association — boxer + 4×4 symétrique avec différentiel central — devient l'ADN revendiqué de la marque, repris sur la quasi-totalité du catalogue contemporain, à l'exception de quelques kei cars.
La Legacy, lancée en 1989, et surtout l'Impreza de 1992 propulsent la firme nipponne au sommet du sport automobile. La berline compacte à transmission intégrale, en livrée bleue et jaune State Express 555 puis Subaru World Rally Team, décroche trois titres mondiaux constructeurs en championnat du monde des rallyes (1995, 1996, 1997). Côté pilotes, Colin McRae est sacré en 1995, Richard Burns en 2001 et Petter Solberg en 2003. La déclinaison routière WRX STI, vendue en série dans une version moins extrême que les modèles compétition, devient un objet de culte parmi les sportives compactes des années 2000, en duel direct avec la Mitsubishi Lancer Evolution sur les marchés européen et japonais.
Avant même que le segment SUV n'explose, le constructeur lance dès 1995 l'Outback, version surélevée du break Legacy, qui anticipe la mode des crossovers. Le Forester, présenté en 1997, ajoute une carrosserie plus haute et un esprit baroudeur, tandis que le XV en 2011 puis l'Ascent sept places en 2018 complètent la gamme. Tous conservent la transmission intégrale symétrique de série, ce qui distingue durablement la marque des constructeurs concurrents qui réservent souvent le 4×4 à des finitions haut de gamme. Le pilier commercial reste les marchés américain, australien et japonais, où la robustesse mécanique est particulièrement valorisée.
Longtemps prudente sur l'électrification, la firme japonaise s'allie à Toyota — actionnaire à hauteur de 20 % depuis 2019 — pour développer la Solterra, premier SUV 100 % électrique de la marque, lancé en 2022. Jumeau technique de la Toyota bZ4X, le modèle conserve une transmission intégrale par double moteur électrique pour préserver la cohérence de gamme. Le partenariat industriel s'étend à d'autres plateformes hybrides et au développement conjoint de boîtes CVT améliorées, dans un contexte où le constructeur japonais conserve une identité distincte centrée sur la sécurité passive et le système de conduite assistée EyeSight.
Plus de 60 % des ventes mondiales sont aujourd'hui réalisées en Amérique du Nord, où la marque dispose d'un site de production à Lafayette dans l'Indiana. La présence européenne reste plus modeste, ciblée sur les amateurs de tout-chemin et les utilisateurs ruraux. Pour comparer ces modèles aux annonces du marché de l'occasion, la page véhicules d'occasion Subaru donne une vue d'ensemble des références disponibles. Pour aller plus loin, le site officiel français, la fiche Wikipedia consacrée à la marque et le dossier L'argus détaillent l'historique modèle par modèle.